Le groupe SNI créera 6 000 places d’hébergement d’urgence financées par Hémisphère, un fonds à impact social innovant

Le fonds Hémisphère, qui regroupe six investisseurs institutionnels de premier plan, rachètera et réhabilitera des hôtels pour les louer à Adoma, spécialiste de l’insertion par le logement.

Vivement critiquée par les professionnels du secteur (voir encadré ci-dessous), très coûteuse pour l’Etat, la réservation de nuitées hôtelières dans le parc privé n’en reste pas moins une solution d’hébergement d’urgence incontournable, faute d’alternative. Devant l’ampleur du phénomène, l’Etat a lancé en 2016 deux consultations publiques afin de créer des solutions alternatives, qui combineront hébergement sécurisé et un véritable accompagnement social.

Forte des expertises portées par ses filiales Adoma et AMPERE Gestion, le groupe SNI a remporté la totalité de l’appel d’offres émanant du ministère de l’Intérieur et 50 % de l’appel d’offres lancé par le ministère du Logement, en lançant Hémisphère, un fonds d’investissement à impact social. Le fonds Hémisphère, qui regroupe six investisseurs institutionnels de premier plan, sera géré par AMPERE Gestion. Le fonds rachètera une centaine d’hôtels économiques d’ici la fin de l’année. Ces hôtels seront rénovés puis loués à Adoma, spécialiste de l’insertion par le logement et filiale du groupe SNI, qui assurera les prestations d’hébergement et d’accompagnement social. 6 000 places d’hébergement d’urgence seront ainsi créées, via ce dispositif. Elles seront opérationnelles dans un délai de 6 mois.

Le fonds Hémisphère s’inscrit dans la dynamique des « contrats à impact social » qui permettent de faire financer un programme social par un acteur privé en conditionnant sa rémunération à l’atteinte d’objectifs sociaux. Dans le cas d’Hémisphère, ces objectifs sociaux son

  • l’orientation vers un logement pérenne ou vers une sortie du dispositif 
  • la scolarisation des enfants
  • l’ouverture des droits sociaux
  • la signature de contrats d’accueil et d’intégration

 

Réservation de nuitées hôtelières : une solution inadaptée

Une étude de l'observatoire du Samu social de Paris* confirmait, en octobre 2014, les conditions de vie difficiles dans les hôtels et l’inefficacité du dispositif à moyen terme. Sur un panel de 469 familles hébergées en hôtel en Île-de-France, 21 % d'entre elles ne disposaient pas de lieu pour cuisiner et 50 % des enfants devaient partager le même lit qu'un de leurs parents. Ces familles présentaient par ailleurs un état de santé dégradé et avaient des difficultés à accéder aux soins. Si ces familles étaient présentes dans le dispositif d'hébergement depuis 2,9 années en moyenne, plus d’un quart d’entre elles n'étaient pas suivies par un travailleur social.

*Source : enquête ENFAMS 2013, Samu Social de Paris