Connaissez-vous l’aéroponie ?

La SNI Île-de-France expérimente un procédé innovant de culture hors-sol sur les toits d’une résidence parisienne.

Sur les toits de Belleville © groupe sni

Loin des champs et des grands espaces, c’est à Belleville (Paris 19e) que la SNI Ile-de-France a lancé une expérimentation qui réinvente l’agriculture de demain : l’aéroponie. Tout débute en 2015 lorsqu’un locataire, spécialiste des politiques environnementales, propose à l’agence SNI de Paris de développer une expérimentation de culture urbaine hors-sol sur les toits de sa résidence. Dans le même temps, il monte « Agripolis » - une start-up spécialisée dans l’agriculture urbaine et qui accompagne aujourd’hui le projet. 

L’aéroponie ou comment cultiver sans terre, ni soleil

Avec ce procédé de culture hors-sol, le toit de la résidence se transforme en véritable ferme urbaine. La technologie qui n’a pas besoin de soleil mise sur des équipements très légers - colonnes légères en plastique (PVC) suspendues à des structures en bambou - n’utilisant pas de terre et consommant 10 fois moins d’eau que la culture traditionnelle. 

Les aménagements ont été étudiés pour s’assurer que le toit supporte bien le poids des cultures.

Par ailleurs, le système est doté de capteurs et de caméras permettant un suivi et un entretien à distance (apports en eau, taux de nutriments, météo…) par une équipe de techniciens expérimentés d’Agripolis.

Consommer « en bas » ce qui se cultive « en haut »

Le 17 juin dernier,  Agripolis, en collaboration avec l’amicale des locataires a organisé une présentation de la démarche au sein de la résidence qui compte 365 logements. Après quelques échanges sur la technique et les modalités de livraison, les locataires se sont répartis les premières récoltes (fraises, blettes, ciboulette, basilic, menthe poivrée…). Les résidents qui souhaitent acheter des fruits, des légumes ou des fleurs cultivés sur le toit de leur résidence peuvent le faire ponctuellement ou en souscrivant à un abonnement. 

La SNI Île-de-France promeut ainsi une agriculture urbaine tout à la fois intensive et sans pesticide, très économe en eau et en énergie, propice à la biodiversité en ville et à la lutte contre les pics de chaleur urbains. Agripolis vise une distribution très locale où la distance entre le consommateur et le producteur est réduite, diminuant ainsi l’empreinte carbone. 

Une démarche éco-responsable

Si cette démarche est respectueuse de l’environnement, elle s’inscrit également dans une logique professionnelle. En effet, les locataires en recherche d’emploi ou en reconversion professionnelle ont la possibilité de s’orienter vers le métier de maraîcher par le biais de formations dispensées par Agripolis ou de travailler ponctuellement pour assurer des livraisons auprès des locataires âgés ou en situation de handicap.

L’agence a prévu d’organiser dans des conditions sécurisées et optimisées, des visites de ces productions, par petits groupes de volontaires. Par ailleurs, Elle étudie d’ores et déjà la possibilité d’étendre le dispositif à d’autres résidences disposant de surfaces répondant aux contraintes techniques imposées par le procédé.